Halte à la pression des bonnes résolutions
À chaque début d’année, c’est comme un air de déjà vu. « Nouvelle année, nouveau moi ! ». On voit fleurir dans les médias, sur les réseaux, les fameuses « bonnes résolutions », qui survivent rarement au mois de février. Réflexion sur cette tradition vieille de plusieurs millénaires aujourd’hui largement récupérée par le marketing et le business.
Ce sont les Babyloniens qui, il y environ 4000 ans, sont les premiers à avoir pris des engagements pour la nouvelle année. Une tradition perpétuée dans la Rome antique et qui, même si elle s’est modifiée au fil de l’Histoire, a survécu jusqu’à nos jours. Les résolutions du Nouvel an cristallisent encore aujourd’hui nos espoirs, nos désirs d’amélioration.
Mais ce désir de changement ne serait-il pas un brin radical ? Le fait de vouloir se réinventer peut avoir un coût en termes de bien-être.
Parce que c’est courir le risque de se fixer des objectifs impossibles à atteindre, d’avoir des attentes irréalistes, de ne jamais être satisfait(e) et de ne voir que le négatif chez nous.
Peut-être ne s’agit-il pas de jeter son ancien moi aux oubliettes, mais plutôt d’évoluer ? Plutôt que de vouloir changer totalement qui nous sommes, pourrait-on simplement essayer de prendre soin de nous pour continuer à grandir et vivre en accord avec nous-même ?
Mais vivre en accord avec soi implique de bien se connaître, d’explorer ses désirs profonds, authentiques. Cette réflexion sur soi, étape cruciale pour évoluer, ne doit toutefois pas devenir une source de pression démesurée.
La compréhension de soi implique une fluidité mais aussi une acceptation du facteur temps. Ce n’est pas parce qu’on va noter dans un joli cahier de résolutions « Je dois me mettre au sport » ou « Je m’engage à arrêter de fumer » que le changement va s’opérer en un claquement de doigts.
Et puis, peut-être pouvons-nous nous poser la question suivante : ma résolution est-elle vraiment la mienne, ou est-ce qu’elle est dictée par l’extérieur ? À l’heure des réseaux sociaux surpuissants, de la comparaison incessante, attention aux influenceuses/influenceurs, qui portent bien leur nom.
Attention aussi aux sirène du marketing et de la publicité. N’oublions jamais que ces « bonnes résolutions » représentent une aubaine pour le marché du fitness, de la détox, du bien-être, etc…
Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas se fixer d’objectifs. Il s’agit juste d’être sûr(e) que ce sont bien les nôtres, et qu’ils répondent à un besoin réel. C’est notre approche de ces résolutions que nous pouvons modifier, en les considérant non pas comme des objectifs à atteindre mais comme que des fenêtres ouvertes sur notre moi profond.
Et vous allez me dire, comment se connecte-t-on à son moi profond ? Tout dépend de vous, c’est à chacun(e) de trouver son chemin. Cela peut passer par des séances de yoga, de méditation, par un atelier d’écriture, des lectures ou de l’art-thérapie, mais aussi par de l’activité physique (la marche, la course, sont connues pour faciliter la réflexion, l’introspection).
Et bien sûr, cela peut passer par un accompagnement en sophrologie. Par le retour au corps, la conscience de soi, nous affinons petit à petit l'intéroception (la perception de ce qui se passe à l'intérieur de nous) et nous développons notamment une meilleure connaissance de nous-même. C'est comme si l'accès à nous-même était facilité, plus fluide. À condition de pratiquer régulièrement bien sûr !
L’essentiel, c’est bien de s’écouter, et non de calquer ses résolutions sur celles qu’on entend et voit partout.
Et si vraiment vous tenez à faire une to-do list, pourquoi ne pas plutôt faire un tour d’horizon de ce que vous attendez avec impatience dans l’année qui vient ?
Le mariage de votre meilleure copine, les 18 ans de votre grand ou ce voyage en solo prévu de longue date ? Faire cet inventaire aura le mérite de nous plonger dans des ressentis agréables. Ici, pas de risque d’échec, seulement de la projection vers des moments qui promettent de belles émotions.
Les attentes de la nouvelle année, souvent teintées de pressions sociales, peuvent donc être appréhendées autrement. En dévoilant les influences externes et en explorant nos véritables aspirations, nous transformons la nouvelle année en une opportunité de croissance personnelle plutôt qu'en une course effrénée vers des attentes irréalistes. Envisagées ainsi, les bonnes résolutions deviennent des voyages introspectifs où chaque petit pas est une exploration de soi, une avancée vers une compréhension plus fine. Entre « l’anti-résolutions » et l’objectif de devenir une toute nouvelle personne, il y a peut-être une troisième voie, la nôtre, tout simplement.


